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Actualité · Article· Lundi 19 octobre 2026· 3 min de lecture· 101 vues

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Djeni Kobina et Abdoulaye Bakayoko dit « Transit », entre mémoire des sacrifices et exigence d’exemplarité politique

JRPar Joel Rabbi · Actualité
Djeni Kobina et Abdoulaye Bakayoko dit « Transit », entre mémoire des sacrifices et exigence d’exemplarité politique

Ils ont porté les premières batailles du RDR, défendu ses convictions dans l’adversité et, pour certains, payé leur engagement de leur vie. Aujourd’hui, alors que le RHDP exerce le pouvoir, une question s’impose. Les valeurs défendues par les pionniers résistent-elles aux réalités de la gouvernance ? Ce 19 octobre 2026, vingt-huit ans après la disparition de Djéni Kobina, premier secrétaire général du Rassemblement des républicains, l’hommage aux militants de la première heure dépasse la commémoration. Il interroge la fidélité aux engagements historiques et l’exigence de probité dans la gestion des affaires publiques.

Des pionniers qui ont marqué l’histoire du RDR

Figure fondatrice du RDR, créé en 1994, Georges Djéni Kobina en devient le premier secrétaire général à l’issue du congrès de juillet 1995. Tribun reconnu, il contribue à l’affirmation du parti dans une Côte d’Ivoire traversée par les débats sur la citoyenneté, le pluralisme et la démocratie. Sa disparition, le 19 octobre 1998, prive cette jeune formation de l’un de ses principaux artisans. Autre figure de cette génération, Abdoulaye Bakayoko, dit « Abdoulaye Transit », promoteur du journal Le Libéral, participe à l’implantation du RDR, notamment dans le Worodougou. Son assassinat, en septembre 1999, rappelle la violence du contexte politique de l’époque, même si le mobile du crime appelle la prudence historique.

À travers ces deux hommes, l’hommage s’étend aux femmes et aux militants anonymes qui ont contribué à l’émergence du RDR. Reconnaître leur engagement, c’est préserver une mémoire politique sans l’instrumentaliser.

Du RDR au RHDP, deux histoires liées mais distinctes

Le RDR naît en 1994. Le RHDP apparaît en 2005 comme une alliance réunissant notamment le RDR, le PDCI-RDA, l’UDPCI et le MFA. Sa transformation en parti unifié, engagée en 2018 et concrétisée en janvier 2019, marque une nouvelle étape politique. Les pionniers du RDR appartiennent donc à une histoire fondatrice spécifique, tandis que le RHDP actuel revendique un héritage plus large, issu de plusieurs formations. Cette distinction permet de respecter la contribution de chacune sans confondre leurs origines.

L’héritage politique à l’épreuve du pouvoir

L’hommage aux pionniers soulève une interrogation sur les pratiques contemporaines. La recherche de privilèges, les ambitions personnelles et les risques d’enrichissement indu appellent une vigilance constante. Sans mettre indistinctement en cause les cadres du RHDP, une exigence demeure. L’engagement politique ne confère aucun droit particulier aux avantages matériels et ne dispense jamais de l’exemplarité. La fidélité aux combats d’hier doit se traduire aujourd’hui par une gestion responsable des ressources publiques, le respect des institutions et la primauté de l’intérêt général.

La probité ne connaît pas de frontière partisane

Transparence, prévention de la corruption, lutte contre les conflits d’intérêts et reddition des comptes s’imposent à toutes les formations politiques, au pouvoir comme dans l’opposition. Célébrer les fondateurs n’interdit pas de questionner les pratiques de leurs héritiers. Les sacrifices passés ne sauraient soustraire les responsables actuels au contrôle démocratique. Honorer les pionniers ne signifie pas sanctifier leurs héritiers. Exiger la probité ne revient pas à renier leur combat.

Préserver la mémoire, assumer les responsabilités

L’hommage aux pionniers relève du devoir de mémoire. L’interpellation des responsables contemporains appartient au débat démocratique. Ces deux démarches se complètent sans se confondre. Pour le RHDP, l’enjeu est de préserver l’histoire de ses différentes composantes tout en répondant aux exigences de bonne gouvernance. Le respect dû aux militants disparus ne dispense pas les dirigeants d’aujourd’hui de rendre compte de leurs actes. Car la République ne se mesure pas seulement aux combats qui ont permis d’accéder au pouvoir, mais surtout à la manière dont ce pouvoir est exercé au service de la nation.

Karim Bamba

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