RÉFORME ÉLECTORALE : CHARLES BLÉ GOUDÉ RÉCLAME UN DIALOGUE INCLUSIF, LA BATAILLE POUR LA CONFIANCE EST ENGAGÉE
Après la dissolution de la CEI, la création d’un nouvel organe électoral ravive les interrogations sur l’indépendance des institutions et la crédibilité des prochaines élections. Charles Blé Goudé appelle à une concertation nationale sans exclusive.

La Côte d’Ivoire se trouve à un tournant décisif de son histoire électorale. Alors que les autorités préparent la mise en place d’un nouvel organe appelé à remplacer la Commission électorale indépendante (CEI), une question fondamentale s’impose. Comment garantir la crédibilité des élections si les acteurs politiques ne s’accordent pas sur les règles du jeu ? C’est dans ce contexte que Charles Blé Goudé, président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), réclame un dialogue inclusif.
Dans une intervention rendue publique le 16 octobre 2026, l’ancien ministre plaide pour une concertation associant les forces politiques et les différentes composantes de la société. Il souhaite notamment que les propositions des partis soient rendues publiques et qu’un véritable débat permette de dégager des garanties communes. Une démarche qui intervient alors que majorité présidentielle et opposition cherchent à peser sur la configuration du futur dispositif électoral.
Au-delà des rivalités partisanes, c’est la confiance dans les institutions qui se joue. Les crises électorales successives ont laissé des blessures profondes dans la mémoire nationale. Elles ont démontré qu’une élection ne se gagne pas seulement dans les urnes, mais qu’elle doit aussi être organisée dans des conditions suffisamment transparentes pour que les résultats puissent être acceptés.
La disparition de la CEI ouvre une occasion de repenser le système électoral ivoirien. Mais remplacer une institution ne suffit pas à garantir son indépendance. Qui nommera les futurs responsables ? Quelle place sera réservée à l’opposition et à la société civile ? Quels mécanismes empêcheront les ingérences politiques ? Quelles garanties encadreront la révision des listes électorales et le règlement des contentieux ? Ces interrogations constituent le véritable cœur de la réforme.
Le RHDP a déjà franchi une étape dans ce processus. Le jeudi 15 octobre, une délégation conduite par Cissé Ibrahima Bacongo a officiellement remis au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général Vagondo Diomandé, les propositions de la majorité présidentielle. Cette contribution s’inscrit dans la consultation engagée autour du nouvel organe électoral. Reste à déterminer comment les différentes propositions seront examinées et intégrées dans un dispositif institutionnel équilibré.
Pour Charles Blé Goudé, l’enjeu dépasse la simple consultation des formations politiques. Son appel à un dialogue inclusif pose la question de la méthode. Une réforme aussi déterminante peut-elle durablement inspirer confiance si une partie significative des acteurs estime ne pas avoir été suffisamment associée à son élaboration ?
À l’approche des élections locales prévues en 2028, le facteur temps devient également déterminant. La mise en place du nouvel organe, la révision des listes électorales, l’inscription des nouveaux électeurs et la préparation technique des scrutins exigent une organisation rigoureuse. Tout retard pourrait compliquer un calendrier déjà chargé.
Trois exigences apparaissent essentielles. D’abord, une concertation transparente permettant à chaque acteur de présenter ses propositions. Ensuite, une procédure de désignation fondée sur la compétence, l’intégrité et des critères publics. Enfin, une autonomie administrative et financière réelle, assortie de mécanismes indépendants de contrôle et de recours.
La Côte d’Ivoire ne peut ignorer les enseignements de son histoire. Les crises politiques ont montré combien la défiance envers les institutions électorales peut fragiliser la cohésion nationale. La réforme engagée doit donc dépasser les calculs immédiats pour construire des règles durables, applicables à toutes les formations politiques, quelle que soit leur position dans le paysage institutionnel.
L’appel de Charles Blé Goudé intervient ainsi à un moment où la responsabilité collective des dirigeants est engagée. Le dialogue ne doit pas être une simple formalité destinée à légitimer des décisions déjà arrêtées. Il doit constituer un véritable espace de confrontation des propositions et de recherche de garanties communes.
Car une démocratie solide ne se reconnaît pas seulement à sa capacité d’organiser des élections, mais à sa capacité de faire respecter les règles par tous et d’inspirer confiance dans les résultats. La Côte d’Ivoire n’a pas simplement besoin d’une nouvelle commission électorale. Elle a besoin d’une institution crédible, indépendante et durable, capable de garantir que la compétition pour le pouvoir ne se transforme plus en menace pour la paix nationale. C’est à cette exigence que devra répondre la réforme.
Ferdinand Ya

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RÉFORME ÉLECTORALE : CHARLES BLÉ GOUDÉ RÉCLAME UN DIALOGUE INCLUSIF, LA BATAILLE POUR LA CONFIANCE EST ENGAGÉE
Après la dissolution de la CEI, la création d’un nouvel organe électoral ravive les interrogations sur l’indépendance des institutions et la crédibilité des prochaines élections. Charles Blé Goudé appelle à une concertation nationale sans exclusive.
Par Joel Rabbi
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