VIE CHÈRE : LES COÛTS DE TRANSPORT FRAGILISENT LA FILIÈRE VIANDE

Entre hausse des charges logistiques, difficultés d’approvisionnement et dépendance aux importations, la filière bétail-viande ivoirienne fait face à des tensions qui pèsent sur les prix. À Yamoussoukro, les autorités et les professionnels du secteur recherchent des solutions pour préserver l’approvisionnement des marchés et le pouvoir d’achat des consommateurs. En Côte d’Ivoire, le prix de la viande se construit bien avant son arrivée dans les boucheries. Du transport du bétail aux opérations d’abattage, en passant par les circuits de commercialisation, chaque charge supplémentaire peut se répercuter sur le consommateur. Selon une information publiée le 19 octobre par l’Agence ivoirienne de presse (AIP), les autorités ont réuni à Yamoussoukro les acteurs de la filière bétail-viande pour examiner les difficultés d’approvisionnement et la hausse des prix. Les coûts de transport et les perturbations des circuits d’importation figurent parmi les principales préoccupations évoquées.
Le transport, un facteur déterminant
La Côte d’Ivoire dépend en partie des approvisionnements en bétail provenant de pays sahéliens, notamment le Burkina Faso et le Mali. Cette situation expose le marché national aux fluctuations des coûts logistiques et aux perturbations des échanges régionaux. Carburant, entretien des véhicules, frais de transit et alimentation des animaux pendant leur acheminement alourdissent les charges des opérateurs. Les retards aux frontières et les difficultés sécuritaires sur certains corridors peuvent également compliquer l’approvisionnement. Ces contraintes se répercutent potentiellement sur l’ensemble de la chaîne commerciale, du négociant au boucher. Toutefois, sans données précises sur la répartition des coûts et des marges, il reste difficile de déterminer la responsabilité de chaque intervenant dans la formation du prix final.
Une dépendance qui révèle les limites de la production locale
Au-delà des difficultés de transport, la situation met en évidence la nécessité de renforcer la production nationale. Le développement de l’élevage, l’amélioration de l’alimentation animale, l’accès aux soins vétérinaires et la modernisation des abattoirs pourraient contribuer à sécuriser les approvisionnements. Une filière locale plus productive permettrait de réduire certaines vulnérabilités liées aux importations, à condition de bénéficier d’investissements adaptés et d’une meilleure organisation commerciale.
Yamoussoukro : des concertations aux résultats attendus
La rencontre organisée à Yamoussoukro souligne l’importance du dialogue entre les pouvoirs publics et les professionnels. Mais son efficacité dépendra des mesures concrètes qui en découleront. La fluidification des échanges transfrontaliers, la réduction des coûts logistiques et la lutte contre les prélèvements irréguliers constituent des pistes d’action. À celles-ci s’ajoutent la transparence sur les prix et le soutien aux producteurs locaux.
L’enjeu est de faire en sorte que toute amélioration des conditions d’approvisionnement se traduise par des effets mesurables sur les marchés.
Préserver l’accès des ménages à la viande
Pour les consommateurs, particulièrement les familles aux revenus modestes, le renchérissement de la viande représente une pression supplémentaire sur le budget alimentaire. La question dépasse donc les intérêts des opérateurs économiques. Elle concerne également la sécurité alimentaire et l’accès des populations à des sources de protéines animales. Face à cette situation, la Côte d’Ivoire doit concilier deux impératifs : sécuriser ses circuits d’importation et renforcer durablement sa capacité de production. La concertation de Yamoussoukro constitue une étape. Mais la véritable efficacité des réponses apportées se mesurera à leur capacité à stabiliser les approvisionnements et à rendre la viande plus accessible aux ménages.
Marlone Agnero

le225hebdo.com
VIE CHÈRE : LES COÛTS DE TRANSPORT FRAGILISENT LA FILIÈRE VIANDE
Par Joel Rabbi
Le 225Hebdo — L'actualité ivoirienne, chaque semaine